Le Pooram de Trichur, Kérala, Inde du Sud

Thrissur Pooram, le célèbre festival du Kérala

Le Pooram de Trichur (Thrissur en langue locale) est l'un des festivals de temple les plus colorés du Kérala, état du Sud de l'Inde. Il a lieu généralement dans le mois indien de Medom (avril-mai).  Il attire des dévots de toute l'Inde et du monde entier car il est célèbre pour ses processions d'éléphants carapaçonnés des temples environnants en direction du temple de Vadakumnathan de Thrissur. 

C'est le Maharadjah de l'ancien état du Cochin qui eut le premier l'initiative, vers la fin du dix-huitième siècle, d'organiser un tel festival. Il y a, au cours des mois de février à juin de multiples fêtes de temple dans cette partie de l'Inde mais aucun ne rivalise avec la magnificence du Pooram, également célèbre pour ses grandioses feux d'artifice. 

Le Festival du Pooram est célébré par deux groupes de temple "concurrentes", l'un de Paramekkavu et l'autre de Thiruvambadi.  Chacun présente jusqu'à quinze éléphants, parmi les plus beaux de l'Inde, placés face à face. Sur leur dos, deux ou trois porteurs font tournoyer des ombrelles de soie aux couleurs changeantes, tel un concours de beauté. Le festival commence à l'aube et se termine le lendemain aux aurores.

La procession du Pooram de Thiruvambadi jusqu'à l'enceinte du temple de Vadakkumnatha constitue non seulement un plaisir des yeux mais également un délice pour les oreilles : c'est là l'effet du Panchavadyam, un ensemble de cinq types de percussions et d'instruments à vent, dont les sonorités résonnent à travers la ville, dès le matin tôt. Ce sont surtout les chendas ou tambours de temple qui créent l'émotion, jusqu'à la transe....  partant d'un rythme lent pour finir en crescendo.

Le Pooram de Thrissur est une sorte de marathon de 36 heures qui dépasse en beauté et en splendeur les nombreuses fêtes de temple du Kérala. La foule est nombreuse et les quelques touristes qui s'aventurent sur l'esplanade face au temple central pour admirer les éléphants carapaçonnés avec les joutes d'ombrelles ont intérêt à se trouver un lieu surélevé pour ne pas se faire écraser par les dévots, parfois un peu surexcités... Mais le jeu en vaut la chandelle et s'il y a un festival à ne pas rater à cette saison, c'est bien ce grand Pooram. 

Quelques jours avant le festival de Thrissur, un autre pooram, celui de Arattupuzha, à 12 km au sud de la ville, vaut également le détour.  Moins peuplé, il est plus facile d'accès et la qualité des Panchavadyam (ensembles de percussions et d'instruments à vent) est tout aussi impressionnante. Chaque festival de temple a sa particularité, ses danses, ses musiques propres et vaut qu'on y assiste. Certains, mais très rares, présentent un spectacle de théâtre d'ombres, tol pava kootu, en l'honneur de la déesse bhagavathi. Autrefois, ce type de festival pouvait durer jusqu'à 90 jours - ou nuits - , le temps nécessaire pour représenter l'épopée du Ramayana. Aujourd'hui, cette forme de spectacle a pratiquement disparu et ne se retrouve que très rarement au Kérala (principalement dans la région de Shoranur). Mais la tradition est maintenue.

Il suffit, pour connaître les dates et contenu de ces fêtes de s'informer auprès des différents offices de tourisme des grandes villes du Sud de l'Inde.  Ce sont des événements à ne pas manquer, car ils sont au coeur de la vie des Hindous. Pour cette occasion, les femmes revêtent leur plus beau sari et les hommes portent le dhoti de fête (sorte de tissus blanc, souvent en soie pour les festivités, noué autour de la taille et qui constitue le vêtement habituel des hommes en Inde du Sud).

Un festival de couleurs et d'encens, en l'honneur des divinités qui habitent le temple. A l'occasion du Pooram deThrissur, dix divinités des temples environnants rendent hommage au dieu Shiva, qui préside le temple de Sree Vadakkunnathan au coeur de la ville. Lieu de prière et de réjouissances, le temple de Thrissur bat son plein au moment des feux d'artifice, dont les détonations ressemblent à des coups de canon. Le lendemain, la foule restée tout ce temps dans l'enceinte du Thekkinkadu maidan, se disperse et chacun rentre chez soi, jusqu'au prochain Pooram...

Le Kérala, outre ses fêtes, est aussi un état riche en formes artistiques. Qui ne connaît pas le Kathakali, théâtre dansé, autrefois également représenté des nuits entières ?  Mais d'autres formes de danse ou de théâtre, moins connues, souvent représentées lors de ces fameux festivals sont tout aussi impressionnantes.  Enfin, n'oublions pas la beauté de ses paysages, ses backwaters ou lagunes sur lesquels on aperçoit les houseboats, parfois loués aux touristes pour un court séjour dans un paysage luxuriant. Le Kérala compte parmi les états les plus intéressants de l'Inde et ses magnifiques plages valent aussi qu'on s'y arrête... Le Kérala, pays des Dieux, est une perle rare dans cette partie du sous-continent et on y retournera avec plaisir.


Publié à 04:12, le 29/04/2008, Thrissur
Mots clefs : pooramfestival de templebackwaterskathakali
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